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chapitre ii.


reputent estre on monde nées non pour soy seulement : ains de leurs propres personnes font part à leur patrie, part à leurs amis.

De force, en abastant les gros arbres, comme un second Milo : ruinant les obscures forestz, tesnières de Loups, de Sangliers, de renards : receptacles de briguans & meurtriers : taulpinières de assassinateurs, officines de faulx monnoieurs, retraicte d’hæreticques : & les complanissant en claires guarigues & belles bruières : iouant des haulx boys, & præparant les sièges pour la nuict du iugement.

De Temperance : mangeant mon bled en herbe, comme un Hermite, vivant de sallades & racines : me emancipant des appetitz sensuelz : & ainsi espargnant pour les estropiatz & souffreteux. Car ce faisant, i’espargne les sercleurs qui guaignent argent : les mestiviers, qui beuvent voluntiers, & sans eau : les gleneurs, es quelz fault de la fouace : les basteurs, qui ne laissent ail, oignon, ne eschalote es iardins par l’auctorité de Thestilis Virgiliane : les meusniers, qui sont ordinairement larrons : & les boulangiers, qui ne valent guères mieulx. Est ce petite espargne : Oultre la calamité des Mulotz, le deschet des greniers, & la mangeaille des Charrantons & Mourrins. De bled en herbe vous faictez belle saulse verde, de legière concoction : de facile digestion. Laquelle vous esbanoist le cerveau, esbaudist les espritz animaulx, resiouist la veue, ouvre l’appetit, delecte le goust, assère le cœur, chatouille la langue, faict le tainct clair, fortifie les muscles, tempère le sang, alliège le diaphragme, refraischit le foye, desoppile la ratelle, soulaige les roignons, assoupist les reins, desgourdist les spondyles, vuide les uretères, dilate les vases spermaticques, abbreuie les cremastères, expurge la