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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/276

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prologve.


espoinctées. C’est soubhayté celà. Que vous en semble ? Qu’en advint il ? Au soir chascun d’eulx eut les mules au talon, le petit cancre au menton, la male toux au poulmon, le catarrhe au gavion, le gros froncle au cropion : & au diable le boussin de pain pour s’escurer les dens.

Soubhaitez doncques mediocrité, elle vous adviendra, & encores mieulx, deument ce pendent labourans & travaillans. Voire mais (dictes vous) Dieu m’en eust aussi toust donné soixante & dixhuict mille, comme la treziesme partie d’un demy. Car il est tout puissant. Un million d’Or luy est aussi peu qu’une obole. Hay, hay, hay. Et de qui estez vous apprins ainsi discourir & parler de la puissance & prædestination de Dieu, paouvres gens ? Paix. St, St, St. Humiliez vous davant sa sacrée face, & recongnoissez vos imperfections.

C’est Goutteux, sus quoy ie fonde mon esperance, & croy fermement, que (s’il plaist au bon Dieu) vous obtiendrez santé, veu que rien plus que santé pour le present ne demandez. Attendez encores un peu, avecques demie once de patience. Ainsi ne font les Genevoys, quand au matin avoir dedans leurs escriptoires & cabinetz discouru, propensé, & resolu, de qui & de quelz celluy iour ilz pourront tirer denares : & qui par leurs astuces sera beliné, corbiné, trompé & affiné, ilz sortent en place, & s’entresaluant disent, Sanita & guadain messer. Il ne se contentent de santé : d’abondant ilz soubhaytent guaing, voire les escuz de Guadaigne. Dont advient qu’ilz souvent n’obtienent l’un ne l’aultre. Or en bonne santé toussez un bon coup, beuvez en trois, secouez dehait vos aureilles, & vous oyrez dire merveilles du noble & bon Pantagruel.