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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/269

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prologve.


tragedies sont excitées par certains Pastophores. Ceste furie durera son temps, comme les fours des Limosins : puis finira : mais non si tost. Nous y aurons du passetemps beaucoup. Ie y voy un inconvenient. C’est que nous avons petite munition de fouldres, depuis le temps que vous aultres Condieux par mon oultroy particulier en iectiez sans espargne, pour vos esbatz sus Antioche la neufve. Comme depuis à vostre exemple les gorgias, champions, qui entreprindrent guarder la forteresse de Dindenaroys contre tous venens, consommèrent leurs munitions à force de tirer aux moineaux. Puis n’eurent de quoy on temps de necessité soy deffendre : & vaillamment cedèrent la place, et se rendirent à l’ennemy, qui ià levoit son siège, comme tout forcené & desesperé : & n’avoit pensée plus urgente que de sa retraicte accompagnée de courte honte. Donnez y ordre filz Vulcan : esveiglez vos endormiz Cyclopes, Asteropes, Brontes, Arges, Polyphème, Steropes, Pyracmon : mettez les en besoigne : & les faictes boire d’autant. A gens de feu ne fault vin espargner. Or depeschons ce criart là bas. Voyez Mercure qui c’est ? & sachez qu’il demande.

Mercure reguarde par la trappe des Cieulx, par laquelle ce que l’on dict ça bas en terre ilz escoutent : & semble proprement à un escoutillon de navire. Icaromenippe disoit qu’elle semble à la gueule d’un puiz. Et veoid que c’est Couillatris, qui demande sa coingnée perdue : & en faict le rapport au conseil. Vrayement (dist Iuppiter) nous en sommes bien. Nous à ceste heure n’avons aultre faciende, que rendre coingnées perdues ? Si fault il luy rendre. Cela est escripts es Destins, entendez vous ? aussi bien comme si elle valust la duché de Milan. A la verité sa coingnée