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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/267

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prologve.


gens de bien : l’autre est des gens de bien aimé. L’un est un fin & cauld Renard : l’aultre mesdisant, mesescrivant & abayant contre les antiques Philosophes & Orateurs comme un chien. Que t’en semble diz grand Vietdaze Priapus ? I’ay maintes fois trouvé ton conseil & advis equitable & pertinent : & habet tua mentula mentem.

Roy Iuppiter (respondit Priapus defleublant son capussion, la teste levée, rouge, flamboyante, & asseurée) puis que l’un vous comparez à un chien abayant, l’aultre à un fin freté Renard, ie suis d’advis, que sans plus vous fascher ne alterer, d’eulx faciez ce que iadis feistez d’un chien, & d’un Renard. Quoy ? demanda Iuppiter. Quand ? Qui estoient ilz ? Ou feut ce ? O belle memoire, respondit Priapus. Ce venerable père Bacchus, lequel voyez cy à face cramoisie, avoit pour soy venger des Thebains un Renard fée, de mode que quelque mal & dommaige qu’il feist, de beste du monde ne seroit prins ne offensé. Ce noble Vulcan avoit d’Ærain Monesian faict un chien, & à force de souffler l’avoit rendu vivant & animé. Il le vous donna : vous le donnastes à Europe vostre mignonne. Elle le donna à Minos : Minos à Procris, Procris enfin le donna à Cephalus. Il estoit pareillement fée, de mode que à l’exemple des advocatz de maintenant il prendroit toute beste rencontrée, rien ne luy eschapperoit. Advint qu’ilz se rencontrèrent. Que feirent ilz ? Le chien par son destin fatal doibvoit prendre le Renard : le Renard par son destin ne doibvoit estre prins. Le cas fut rapporté à vostre conseil. Vous protestatez non contrevenir aux Destins. Les Destins estoient contradictoires. La verité, la fin, l’effect de deux contradictions ensemble feut declairée impossible en nature. Vous en suastez d’ahan. De vostre