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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/266

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prologve.


le ieune & clair Phœbus, si voulez. Mais tant grande feut l’exclamation de Couillatris, qu’elle feut en grand effroy ouye on plein conseil & consistoire des Dieux.

Quel diable (demanda Iuppiter) est là bas, qui hurle si horrificquement ? Vertuz de Styx, ne avons nous par cy devant esté, præsentement, ne sommes nous assez icy à la decision empeschez de tant d’affaires controvers & d’importance. Nous avons vuidé le debat de Presthan roy des Perses, & de Sultan Solyman empereur de Constantinople. Nous avons clos le passaige entre les Tartares & les Moscovites. Nous avons respondu à la requeste du Cheriph. Aussi avons nous à la devotion de Guolgotz Rays. L’estat de Parme est expedié : aussi est celluy de Maydenbourg, de la Mirandole, & de Africque. Ainsi nomment les mortelz, ce que sus la mer mediterranée nous appellions Aphrodisium. Tripoli a changé de maistre, par male guarde. Son periode estoit venu. Icy sont les Guascons renians, & demandans restablissement de leurs cloches. En ce coing sont les Saxons, Estrelins, Ostrogotz, & Alemans, peuple iadis invincible, maintenant aberkeids, & subiuguez par un petit homme tout estropié. Ilz nous demandent vengeance, secours, restitution de leur premier bon sens, & liberté antique. Mais que ferons nous de ce Rameau & de ce Galland, qui capparassonez de leurs marmitons, suppous, & astipulateurs brouillent toute ceste Academie de Paris ? I’en suys en grande perplexité. Et n’ay encores resolu quelle part ie doibve encliner. Tous deux me semblent autrement bons compaignons, & bien couilluz. L’un a des escuz au Soleil, ie diz beaulx & tresbuchans : l’autre en vouldroit bien avoir. L’un a quelque sçavoir : l’aultre n’est ignorant. L’un aime les