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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/258

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a mon seignevr odet.


Cl. Galen lib. 4. comment. in 6. Epidemi. grandement vituperé Quintus ſon præcepteur en medicine, lequel à certain malade en Rome, homme honorable, luy diſant : vous avez deſieuné noſtre maiſtre, voſtre haleine me ſent le vin : arroguamment reſpondit. La tienne me ſent la fiebvre : duquel eſt le flair & l’odeur plus delicieux, de la fiebvre ou du vin ?

Mais la calumnie de certains Canibales, miſantropes, agelaſtes, avoit tant contre moy eſté atroce & deſraiſonnée, qu’elle avoit vaincu ma patience : & plus n’eſtois deliberé en eſcrire un Iota. Car l’vne des moindres contumelies dont ilz uſoient, eſtoit, que telz liures tous eſtoient farciz d’hereſies diverſes : n’en povoient toutes fois vne ſeulle exhiber en droict aulcun : de folaſtries ioyeuſes hors l’offence de Dieu, & du Roy, prou (c’eſt le ſubiect & thème unicque d’iceulx liures) d’hereſies poinct : ſinon perverſement & contre tout uſaige de raiſon & de languaige commun, interpretans ce que à poine de mille fois mourir, ſi autant poſſible eſtoit, ne vouldrois avoir penſé : comme qui pain, interpretoit pierre : poiſſon, ſerpent : œuf, ſcorpion. Dont quelque fois me complaignant en voſtre præſence vous dis librement, que ſi meilleur Chriſtian ie ne m’eſtimois, qu’ilz me monſtrent eſtre en leur part : & que ſi en ma vie, eſcriptz, parolles, voire certes penſées, ie recongnoiſſois ſcintille aulcune d’hereſie, ilz ne tomberoient tant deteſtablement es lacs de l’eſprit Calumniateur, c’eſt Διάϐολος, qui par leur miniſtère me ſuſcite tel crime. Par moymeſmes à l’exemple du Phœnix, ſeroit le bois ſec amaſſé, & le feu allumé, pour en icelluy me bruſler.

Allors me dictes que de telles calumnies avoit eſté le defunct roy François d’eterne memoire, aduerty : & curieuſement aiant par la voix & pronunciation du plus docte & fidèle Anagnoſte de ce royaulme ouy & entendu lecture diſtincte d’iceulx livres miens (ie le diz, par ce que meſchante-