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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/252

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le tiers livre.


se rendirent à composition. Et par leur recit congneut Cæsar l’admirable nature de ce boys, lequel de soy ne faict feu, flambe, ne charbon : & seroit digne en ceste qualité d’estre on degré mis de vray Pantagruelion, & d’autant plus que Pantagruel d’icelluy voulut estre faictz tous les huys, portes, fenestres, goustieres, larmiers, & l’ambrun de Theleme : pareillement d’icelluy feist couurir les pouppes, prores, sougons, tillacs, coursies, & rambades de ses carracons, nauires, gualeres, gualions, brigantins, fustes, & aultres vaisseaulx de son arsenac de Thalasse : ne feust que Larix en grande fournaise de feu prouenent d’aultres especes de boys, est en fin corrumpu & dissipé, comme sont les pierres en fourneau de chaulx. Pantagruelion Asbeste plus tost y est renouuelé & nettoyé, que corrumpu ou altéré. Pourtant

Indes, cessez, Arabes, Sabiens,
Tant collauder vos Myrrhe, Encent, Ebene,
Venez icy recongoistre nos biens,
Et emportez de nostre herbe la grene.
Puys si chez vous peut croistre, en bonne estrene,
Graces rendez es cieulx vn million :
Et affermez de France heureux le regne,
On quel prouient Pantagruelion.

Fin du troisiesme liure des faicts
& dicts Heroïcques du
bon Pantagruel
.