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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/246

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le tiers livre.


stances inuisibles visiblement sont arrestées, prinses detenues, & comme en prison mises. A leur prinse & arrest sont les grosses & pesantes moles tournées agilement à insigne profict de la vie humaine. Et m’esbahys comment l’inuention de tel vsaige a esté par tant de siecles celé aux antiques Philosophes, veue l’vtilité impréciable qui en prouient : veu le labeur intolerable, que sans elle ilz supportoient en leurs pistrines. Icelle moyenant, par la retention des flots aërez sont les grosses Orchades, les amples Thalameges, les fors Guallions, les Naufz Chiliandres & Myriandres de leurs stations enleuées, & poussées à l’arbitre de leurs gouuerneurs. Icelle moyenant, sont les nations, que Nature sembloit tenir absconfes, impermeables, & incongneues : à nous venues, nous à elles. Chose que ne feroient les oyseaulx, quelque legiereté de pennaige qu’ilz ayent, & quelque liberté de nager en l’aër, que leurs soit baillée par Nature. Taprobrana a veu Lappia : Iaua a veu les mons Riphées : Phebol voyra Theleme : Les Islandoys & Engronelands boyront Euphrates. Par elle Boreas a veu le manoir de Auster : Eurus a visité Zephire. De mode que les Intelligences celestes, les Dieux tant marins que terrestres en ont esté tous effrayez, voyans par l’vsaige de cestuy benedict Pantagruelion, les peuples Arcticques en plein aspect des Antarctiques, franchir la mer Athlanticque, passer les deux Tropicques, volter soubs la Zone torride, mesurer tout le Zodiacque, s’esbatre soubs l’Æquinoctial, auoir l’vn & l’aultre Pole en veue à fleur de leur Orizon. Les Dieux Olympicques ont en pareil effroy dict. Pantagruel nous a mis en pensement nouueau & tedieux, plus que oncques ne feirent les Aloïdes, par l’vsaige & vertus de son herbe. Il sera