Ouvrir le menu principal

Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/214

Cette page n’a pas encore été corrigée
206
le tiers livre.


dures iudiciaires. En cas que le voulussiez totalement de son office deposer, ie vous priray bien fort me en faire vn præsent & pur don. Ie trouueray par mes royaulmes lieux assez & estatz pour l’employer & me en seruir. A tant suppliray le bon Dieu createur, seruateur, & dateur de tous biens, en sa faincte grace perpetuellement vous maintenir.

Ces motz dictz, Pantagruel feist reuerence à toute la court, & sortit hors le parquet. A la porte trouua Panurge, Epistemon, frere Ian, & aultres. Là monterent à cheual pour s’en retourner vers Gargantua. Par le chemin Pantagruel leurs comptoit de poinct en poinct l’histoire du iugement de Bridoye. Frere Ian dist qu’il auoit congneu Perrin Dendin on temps qu’il demouroit à la Fontaine le Conte soubs le noble abbé Ardillon. Gymnaste dist qu’il estoit en la tente du gros Christian cheuallier de Crissé, lors que le Guascon respondit à l’aduenturier. Panurge faisoit quelque difficulté de croire l’heur des iugemens par sort, mesmement par si long temps. Epistemon dist à Pantagruel. Histoire parallele nous compte lon d’vn Præuost de Monslehery. Mais que diriez vous de cestuy heur des dez continué en succés de tant d’années ? Pour vn ou deux iugemens ainsi donnez à l’aduenture ie ne me esbahirois, mesmement en matieres de foy ambigues, intrinquées, perplexes, & obscures.