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de l’avthevr.


toutesfoys hors d’esmoy : de moy voyant n’estre faict aulcun pris digne d’œuvre, & consyderant par tout ce tresnoble royaulme de France, deça, delà les mons, un chascun auiourd’huy soy instantanement exercer & travailler : part à la fortification de la patrie, & la defendre : part au repoulsement des ennemis, & les offendre : le tout en police tant belle, en ordonnance si mirificque, & à profit tant evident pour l’advenir (Car desormais sera France superbement bournée, seront François en repous asceurez) que peu de chose me retient, que ie n’entre en l’opinion du bon Heraclitus, affermant guerre estre de tous biens père : & croye que guerre soit en Latin dicte belle, non par Antiphrase, ainsi comme ont cuydé certains rapetasseurs de vieilles ferrailles Latines, par ce qu’en guerre guères de beaulté ne voyoient : mais absolument, & simplement par raison qu’en guerre apparoisse tout espèce de bien & beau, soit dececlée toute espèce de mal & laidure. Qu’ainsi soit, le Roy saige & pacific Solomon, n’a sceu mieulx nous repræsenter la perfection indicible de la sapience divine, que la comparant à l’ordonnance d’une armée en camp.

Par doncques n’estre adscript & en ranc mis des nostres en partie offensive, qui me ont estimé trop imbecile & impotent : de l’autre qui est defensive n’estre employé aulcunement, feust ce portant hotte, cachant crotte, ployant rotte, ou cassant motte, tout m’estoys indifferent : ay imputé à honte plus que mediocre, estre veu spectateur ocieux de tant vaillans, divers, & chevalereux personnaiges, qui en veue & spectacle de toute Europe iouent ceste insigne fable & Tragicque comedie : ne me esvertuer de moy-mesmes, & non y consommer ce rien mon tout, qui me restoit. Car peu de gloire me semble accroistre à ceulx qui