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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/166

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le tiers livre.


dedans le corps posé en lieu secret & intestin vn animal, vn membre, lequel n’est es homes : on quel quelques foys sont engendrées certaines humeurs salses, nitreuses, bauracineuses, acres, mordicantes, lancinantes, chatouillantes amerement : par la poincture & fretillement douloureux des quelles (car ce membre est tout nerueux, & de vif sentement) tout le corps est en elles esbranlé, tous les sens rauiz, toutes affections interinées, tous pensemens confonduz. De maniere, que si Nature ne leurs eust arrousé le front d’vn peu de honte, vous les voiriez comme forcenées courir l’aiguillette plus espouantablement que ne feirent oncques les Prœtides, les Mimallonides, ne les Thyades Bacchicques au iour de leurs Bacchanales. Par ce que cestuy terrible animal a colliguance à toutes les parties principales du corps, comme est euident en l’Anatomie.

Ie le nomme animal, suyuant la doctrine tant des Academicques, que des Peripateticques. Car si mouuement propre est indice certain de chose animée, comme escript Aristoteles : & tout ce qui de soy se meut, est dist animal : à bon droict Platon le nomme animal, recongnoissant en luy mouuemens propres de suffocation, de præcipitation, de corrugation, de indignation : voire si violens, que bien souuent par eulx est tollu à la femme tout aultre sens & mouuement, comme si feust Lipothymie, Syncope, Epilepsie, Apoplexie, & vraye resemblance de mort. Oultre plus, nous voyons en icelluy discretion des odeurs manifeste, & le sentent les femmes fuyr les puantes, suyure les Aromaticques. Ie sçay que Cl. Galen s’efforce prouuer que ne sont mouuemens propres & de soy, mais par accident : & que aultres de sa secte trauaillent à demonstrer, que ne soit en luy discre-