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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/155

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chapitre xxx.


vous donc, mon amy, dist Hippothadée. Car trop meilleur est soy marier, que ardre on feu de concupiscence. C’est parlé cela (s’escria Panurge) gualantement, sans circumbiliuaginer au tour du pot. Grand mercy, monsieur nostre pere. Ie me mariray sans poinct de faulte & bien tost. Ie vous conuie à mes nopces. Corpe de galline, nous ferons chere lie. Vous aurez de ma liurée, & si mangerons de l’oye, cor beuf, que ma femme ne roustira poinct. Encores vous priray ie mener la première dance des pucelles, s’il vous plaist me faire tant de bien & d’honneur, pour la pareille. Reste vn petit scrupule à rompre. Peut diz ie, moins que rien. Seray ie poinct coqu ? Nenny dea, mon amy (respondit Hippothadée) si Dieu plaist. O la vertus de Dieu (s’escria Panurge) nous soit en ayde. Où me renuoyez vous, bonnes gens ? Aux conditionales, les quelles en Dialestique reçoiuent toutes contradictions & impossibilitez. Si mon mulet Transalpin voloit, mon mulet Transalpin auroit æsles. Si Dieu plaist, ie ne seray poinct coqu : ie seray coqu, si Dieu plaist. Dea, si feust condition à laquelle ie peusse obuier, ie ne me desespererois du tout. Mais vous me remettez au conseil priué de Dieu : en la chambre de ses menuz plaisirs. Où prenez vous le chemin pour y aller, vous aultres François ? Monsieur nostre pere, ie croy que vostre mieulx sera ne venir pas à mes nopces. Le bruyt & la triballe des gens de nopces vous romperoient tout le testament. Vous aymez repous, silence, & solitude. Vous n’y viendrez pas, ce croy ie. Et puys vous dansez assez mal, & seriez honteux menant le premier bal. Ie vous enuoiray du rillé en vostre chambre, de la liurée nuptiale aussy. Vous boirez à nous s’il vous plaist.

Mon amy (dift Hippothadée) prenez bien mes pa-