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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/106

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le tiers livre.


part en sa maison, signes luy feist que le ieu luy plaisoit. En fin sans de bouche mot dire, feirent beau bruit de culletis.

L’aultre : qu’elles ne feroient à nos signes responce aulcune : elles soubdain tomberoient en arrière comme reallement consententes à nos tacites demandes. Ou si signes aulcuns nous faisoient responsifz à nos propositions, ilz seroient tant follastres & ridicules, que nous mesmes estimerions leurs pensemens estre Venereicques. Vous sçavez comment à Croquignoles quand la nonnain seur Fessue, feut par le ieune Briffault dam Royddimet engroissée, & la groisse congnue, appellée par l’abbesse en chapitre & arguée de inceste, elle s’excusoit, alleguante que ce n’avoit esté de son consentement, ce avoit esté par violence & par la force du frère Royddimet. L’abbesse replicante & disante, meschante, c’estoit on dortouoir, pourquoy ne crioys tu à la force ? Nous toutes eussions couru à ton ayde ? Respondit qu’elle ne ausoit crier on dortouoir : pource qu’on dortouoir, y a silence sempiternelle. Mais (dist l’abbesse) meschante que tu es, pourquoy ne faisois tu signes à tes voisines de chambre ? Ie (respondit la Fessue) leurs faisois signes du cul tant que povois, mais persone ne me secourut. Mais (demanda l’abbesse) meschante, pourquoy incontinent ne me le veins tu dire, & l’accuser reguliairement ? Ainsi eusse ie faict, si le cas me feust advenu, pour demonstrer mon innocence, (respondit la fessue) que craignante demourer en peché & estat de damnation, de paour que ne feusse de mort soubdaine prævenue, ie me confessay à luy avant qu’il departist de la chambre : & il me bailla en penitence non le dire ne deceler à persone. Trop enorme eust