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ladicte vene se part en deux) print son chemin à gauche, & sortit par l’aureille senestre.

Soubdain qu’il fut né, ne cria comme les aultres enfans, mies, mies. Mais à haulte voix s’escrioit, à boire, à boire, à boire, comme inuitant tout le monde à boire. Si bien qu’il fut ouy de tout le pays de Beusse & de Bibaroys.

Ie me doubte que ne croyez asseurement ceste estrange natiuité. Si ne le croyez, ie ne m’en soucie, mais vn homme de bien, vn homme de bon sens, croit tousiours ce qu’on luy dict, & qu’il trouue par escript.

Est ce contre nostre loy, nostre foy, contre raison, contre la saincte escripture ? De ma part, ie ne trouue rien escript es bibles sainctes qui soit contre cela. Mais si le vouloir de Dieu tel eust esté, diriez vous qu’il ne l’eust peu faire ? Ha pour grace, ne emburelucocquez iamais vos espritz de ces vaines pensees, car ie vous diz, que à Dieu rien n’est impossible. Et s’il vouloit les femmes auroient doresnauant ainsi leurs enfans par l’aureille.

Bacchus ne fut il engendré par la cuisse de Iupiter ?

Rocquetaillade nasquit il pas du talon de sa mère ?

Crocquemouche de la pantofle de sa nourrice ?

Minerue nasquit elle pas du cerueau par l’aureille de Iupiter ?

Adonis par l’escorce d’vn arbre de mirrhe ?

Castor & Pollux de la cocque d’vn œuf pont & esclous par Leda ?

Mais vous seriez bien d’aduantaige esbahys & estonnez si ie vous expousoys presentement tout le chapitre de Pline, auquel parle des enfantemens