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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/265

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main ; dont tout le monde se resjouyst fort ; mais il en advint un inconvenient bien grand, car, la portant ainsi et la faisant sonner par les rues, tout le bon vin d'Orleans poulsa, et se gasta. De quoy le monde ne se advisa que la nuyct ensuyvant : car un chascun se sentit tant alteré de avoir beu de ces vins poulsez qu'ilz ne faisoient que cracher aussi blanc comme cotton de Malthe, disans : " Nous avons du Pantagruel, et avons les gorges sallées. "

Ce faict, vint à Paris avecques ses gens. Et, à son entrée tout le monde sortit hors pour le veoir, comme vous sçavez bien que le peuple de Paris est sot par nature, par bequare et par bemol, et le regardoyent en grand esbahyssement, et non sans grande peur qu'il n'emportast le Palais ailleurs, en quelque pays a remotis, comme son père avoit emporté les campanes de Nostre Dame, pour atacher au col de sa jument. Et, après quelque espace de temps qu'il y eut demouré, et fort bien estudié en tous les sept ars liberaulx, il disoit que c'estoit une bonne ville pour vivre, mais non pour mourir, car les guenaulx de Sainct Innocent se chauffoyent le cul des ossements des mors. Et trouva la librairie de Sainct Victor fort magnificque, mesmement d'aulcuns livres qu'il y trouva, desquelz s'ensuit le repertoyre, et primo :

Bigua Salutis.
Bragueta Juris.
Pantofla Decretorum.
Malogranatum Vitiorum.
Le Peloton de Theologie.
Le Vistempenard des Prescheurs, composé par Turelupin.
Le Couillebarine des Preux.
Les Hanebanes des Evesques.
Marmotretus de Baboinis et Cingis,