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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/237

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femmes estans en mal d'enfant quand on leurs leist la vie de saincte Marguerite.

Est ce rien cela ? Trouvez moy livre, en quelque langue, en quelque faculté et science que ce soit, qui ayt telles vertus, propriétés et prerogatives, et je poieray chopine de trippes. Non, Messieurs, non. Il est sans pair, incomparable et sans parragon. Je le maintiens jusques au feu exclusive. Et ceulx qui vouldroient maintenir que si, reputés les abuseurs, prestinateurs, emposteurs et seducteurs.

Bien vray est il que l'on trouve en aulcuns livres de haulte fustaye certaines propriétés occultes, au nombre desquelz l'on tient Fessepinte, Orlando furioso, Robert le Diable, Fierabras, Guillaume sans paour, Huon de Bourdeaulx, Montevieille et Matabrune ; mais ilz ne sont comparables à celluy duquel parlons. Et le monde a bien congneu par experience infallible le grand emolument et utilité qui venoit de ladicte Chronicque Gargantuine : car il en a esté plus vendu par les imprimeurs en deux moys qu'il ne sera acheté de Bibles en neuf ans.

Voulant doncques je, vostre humble esclave, accroistre vos passetemps dadvantaige, vous offre de present un aultre livre de mesme billon, sinon qu'il est un peu plus equitable et digne de foy que n'estoit l'aultre. Car ne croyez (si ne voulez errer à vostre escient), que j'en parle comme les Juifz de la Loy. Je ne suis nay en telle planette et ne m'advint oncques de mentir, ou asseurer chose que ne feust veritable. J'en parle comme un gaillard Onocrotale, voyre, dy je, crotenotaire des martyrs amans, et crocquenotaire de amours : Quod vidimus testamur. C'est des horribles faictz et prouesses de Pantagruel, lequel j'ay servy à gaiges dès ce que je fuz hors de page jusques à présent, que par son congié je m'en suis venu visiter mon païs de vache, et sçavoir si en vie estoyt parent