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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/217

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Cy entrez, vous, et bien soyez venus
Et parvenuz, tous nobles chevaliers !
Cy est le lieu où sont les revenuz
Bien advenuz ; affin que entretenuz
Grands et menuz, tous soyez à milliers.
Mes familiers serez et peculiers :
Frisques, gualliers, joyeux, plaisans, mignons
En general tous gentilz compaignons.
 Compaignons gentilz,
 Serains et subtilz,
 Hors de vilité,
 De civilité
 Cy sont les oustilz,
 Compaignons gentilz.
Cy entrez, vous, qui le sainct Evangile
En sens agile annoncez, quoy qu’on gronde :
Ceans aurez un refuge et bastille
Contre l’hostile erreur, qui tant postille
Par son faulx stile empoizonner le monde :
Entrez, qu’on fonde ici la foy profonde,
Puis, qu’on confonde, et par voix et par rolle,
Les ennemys de la saincte parolle !
 La parolle saincte
 Jà ne soit extainte
 En ce lieu très sainct ;
 Chascun en soit ceinct ;
 Chascune ayt enceincte
 La parolle saincte
Cy entrez, vous, dames de hault paraige !
En franc couraige entrez y en bon heur,
Fleurs de beaulté, à celeste visaige,
À droit corsaige, à maintien prude et saige.
En ce passaige est le sejour d’honneur.
Le hault seigneur, qui du lieu fut donneur