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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/194

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legiers, quatre vingtz neuf mille harquebousiers, cent quarante milles adventuriers, unze mille deux cens canons, doubles canons, basilicz et spiroles, pionniers quarante sept mille ; le tout souldoyé et avitaillé pour six moys et quatre jours. Lequel offre Gargantua ne refusa ny accepta du tout ; mais grandement les remerciant, dist qu’il composeroit ceste guerre par tel engin que besoing ne seroit tant empescher de gens de bien. Seulement envoya qui ameneroit en ordre les legions, lesquelles entretenoit ordinairement en ses places de La Deviniere, de Chaviny, de Gravot et Quinquenays, montant en nombre deux mille cinq cens hommes d’armes, soixante et six mille hommes de pied, vingt et six mille arquebuziers, deux cens grosses pieces d’artillerye, vingt et deux mille pionniers et six mille chevaulx legiers, tous par bandes, tant bien assorties de leurs thesauriers, de vivandiers, de mareschaulx, de armuriers et aultres gens necessaires au trac de batailles, tant bien instruictz en art militaire, tant bien armez, tant bien recongnoissans et suivans leurs enseignes, tant soubdains à entendre et obeir à leurs capitaines, tant expediez à courir, tant fors à chocquer, tant prudens à l’adventure, que mieulx ressembloient une harmonie d’orgues et concordance d’horologe q’une armée ou gensdarmerie.

Toucquedillon, arrivé, se presenta à Picrochole et luy compta au long ce qu’il avoit et faict et veu. À la fin conseilloit, par fortes parolles, qu’on feist apoinctement avecques Grandgousier, lequel il avoit esprouvé le plus homme de bien du monde, adjoustant que ce n’estoit ny preu ny raison molester ainsi ses voisins, desquelz jamais n’avoient eu que tout bien, et, au reguard du principal, que jamais