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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/182

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Comment le moyne se deffist de ses guardes, et comment

l’escarmouche de Picrochole feut deffaicte.

CHAPITRE XLIV

Le moyne, les voyant ainsi departir en desordre, conjectura qu’ilz alloient charger sus Gargantua et ses gens, et se contristoit merveilleusement de ce qu’il ne les povoit secourir. Puis advisa la contenence de ses deux archiers de guarde, lesquelz eussent voluntiers couru après la troupe pour y butiner quelque chose et tousjours regardoient vers la vallée en laquelle ilz descendoient. Dadvantaige syllogisoit, disant :

«  Ces gens icy sont bien mal exercez en faictz d’armes, car oncques ne me ont demandé ma foy et ne me ont ousté mon braquemart. »

Soubdain après, tyra son dict braquemart et en ferut l’archier qui le tenoit à dextre, luy coupant entierement les venes jugulaires et arteres spagitides du col, avecques le guarguareon, jusques es deux adenes, et, retirant le coup, luy entreouvrit le mouelle spinale entre la seconde et tierce vertebre : là tomba l’archier tout mort. Et le moyne, detournant son cheval