Ouvrir le menu principal

Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/177

Cette page n’a pas encore été corrigée


ilz seront roides mors, je les iray pescher.

— Ne bouge (dist Gymnaste), mon mignon, je te voys querir, car tu es gentil petit monachus :

«  Monachus in claustro
  Non valet ova duo ;
  Sed, quando est extra,
  Bene vale triginta.

«  J’ay veu des pendus plus de cinq cens, mais je n’en veis oncques qui eust meilleure grace en pendilant, et, si je l’avoys aussi bonne, je vouldroys ainsi pendre toute ma vye.

— Aurez vous (dist le moyne) tantost assez presché ? Aidez moy de par Dieu, puisque de par l’Aultre ne voulez. Par l’habit que je porte, vous en repentirez tempore et loco prelibatis. »

Allors descendit Gymnaste de son cheval, et montant au noyer, souleva le moyne par les goussetz d’une main, et de l’autre deffist sa visiere du croc de l’arbre et ainsi le laissa tomber en terre et soy après.

Descendu que feut, le moyne se deffist de tout son arnoys et getta l’une piece après l’autre parmy le champ, et, reprenant son baston de la croix, remonta sus son cheval, lequel Eudemon avoit retenu à la fuite.

Ainsi s’en vont joyeusement, tenans le chemin de la Saullaye.

<><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><>