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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/175

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Comment le moyne donne couraige à ses compaignons et comment il

pendit à une arbre.

CHAPITRE XLII

Or s’en vont les nobles champions à leur adventure, bien deliberez d’entendre quelle rencontre fauldra poursuyre et de quoy se fauldra contregarder, quand viendra la journée de la grande et horrible bataille. Et le moyne leur donne couraige, disant : « Enfans, n’ayez ny paour ny doubte, je vous conduiray seurement. Dieu et sainct Benoit soient avecques nous ! Si j’avoys la force de mesmes le couraige, par la mort bieu ! je vous les plumeroys comme un canart ! Je ne crains rien fors l’artillerie. Toutesfoys, je sçay quelque oraison que m’a baillé le soubsecretain de nostre abbaye, laquelle guarentist la personne de toutes bouches à feu ; mais elle ne me profitera de rien, car je n’y adjouste poinct de foy. Toutesfoys, mon baston de croix fera diables. Par Dieu, qui fera la cane, de vous aultres, je me donne au diable si je ne le fays moyne en mon lieu et l’enchevestre de mon froc : il porte medicine à couhardise de gens. Avez point ouy parler du levrier de Monsieur de Meurles qui ne valloit