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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/111

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deux poinsons esprouvez montoit au hault d’une maison comme un rat, descendoit puis du hault en bas en telle composition des membres que de la cheute n’estoit aulcunement grevé.

Jectoit le dart, la barre, la pierre, la javeline, l’espieu, la halebarde, enfonceoit l’arc, bandoit es reins les fortes arbalestes de passe, visoit de l’arquebouse à l’œil, affeustoit le canon, tyroit à la butte, au papeguay, du bas en mont, d’amont en val, devant, de cousté, en arriere comme les Parthes.

On luy atachoit un cable en quelque haulte tour, pendent en terre ; par icelluy avecques deux mains montoit, puis devaloit sy roidement et sy asseurement que plus ne pourriez parmy un pré bien éguallé.

On luy mettoit une grosse perche apoyée a deux arbres ; à icelle se pendoit par les mains, et d’icelle alloit et venoit sans des pieds à rien toucher, que à grande course on ne l’eust peu aconcepvoir.

Et, pour se exercer le thorax et pulmon, crioit comme tous les diables. Je l’ouy une foys appellant Eudemon, depuis la porte Sainct Victor jusques à Montmartre ; Stentor n’eut oncques telle voix a la bataille de Troye.

Et, pour gualentir les nerfz, on luy avoit faict deux grosses saulmones de plomb, chascune du poys de huyt mille sept cens quintaulx, lesquelles il nommoit alteres ; icelles prenoit de terre en chascune main et les elevoit en l’air au dessus de la teste, et les tenoit ainsi, sans soy remuer, troys quars d’heure et dadvantaige, que estoit une force inimitable.

Jouoit aux barres avecques les plus fors, et, quand le poinct advenoit, se tenoit sus ses pieds tant roiddement qu’il se abandonnoit es plus adventureux en