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iii
AVERTISSEMENT.

ouvertement déclaré leurs prédilections à ce sujet, mais sans oser, par malheur, s’y abandonner : « En notre qualité de bibliophiles, d’hommes curieux des choses du passé, disent MM. Burgaud des Marets & Rathery, en tête de leur remarquable édition[1], nous ne trouvons pas que la presse elle-même soit assez exacte pour reproduire les écrits de cette époque. La figure des lettres, leurs dispositions, leurs variétés de combinaisons pour représenter le même mot, tout cela nous paraît digne de respect comme des portraits d’ancêtres. La photographie devrait avoir le droit exclusif de nous en fournir des images. »

On ne saurait être plus explicite ; seulement, ces goûts d’amateur que M. Burgaud des Marets exprime avec une si vive conviction, il ne pense pas que le public les partage, & il ajoute : « Le plus grand nombre des lecteurs fait bon marché de cette manie d’antiquaires : il a la faiblesse de vouloir des livres lisibles. »

Aujourd’hui les lecteurs & les amis de Rabelais, qui constituent un public tout particulier, sont plus antiquaires que le savant éditeur ne l’imagine ; & ils s’étonneraient à bon droit de voir négliger, à l’égard de leur auteur favori, la minutieuse exactitude qu’on commence à trouver nécessaire pour les écrivains du


  1. Tome Ier, p. VII.