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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/109

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gentilhomme de Touraine, nommé l’escuyer Gymnaste, lequel luy monstroit l’art de chevalerie.

Changeant doncques de vestemens, monstoit sus un coursier, sus un roussin, sus un genet, sus un cheval barbe, cheval legier, et luy donnoit cent quarieres, le faisoit voltiger en l’air, franchir le fossé, saulter le palys, court tourner en un cercle, tant à dextre comme à senestre.

Là rompoit non la lance, car c’est la plus grande resverye du monde dire : « J’ay rompu dix lances en tournoy ou en bataille » — un charpentier le feroit bien — mais louable gloire est d’une lance avoir rompu dix de ses ennemys. De sa lance doncq asserée, verde et roide, rompoit un huys, enfonçoit un harnoys, acculoyt une arbre, enclavoyt un aneau, enlevoit une selle d’armes, un aubert, un gantelet. Le tout faisoit armé de pied en cap.

Au reguard de fanfarer et faire les petitz popismes sus un cheval, nul ne le feist mieulx que luy. Le voltiger de Ferrare n’estoit q’un singe en comparaison. Singulierement, estoit aprins à saulter hastivement d’un cheval sus l’aultre sans prendre terre, — et nommoit on ces chevaulx desultoyres, — et des chascun cousté, la lance au poing, monter sans estriviers, et sans bride guider le cheval à son plaisir, car telles choses servent à discipline militaires.

Un aultre jour ses exerceoit à la hasche, laquelle tant bien coulloyt, tant verdement de tous pics coulloyt, tant soupplement avalloit en tailles ronde, qu’il feut passé chevalier d’armes en campaigne et en tous essays.

Puis bransloit la picque, sacquoit de l’espée à deux mains, de l’espée bastarde, de l’espagnole, de