Page:R.-J. Haüy - Traité élémentaire de physique - 1803 - Vol 2.djvu/317

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
298
TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

l’aspect de deux lignes convergentes. C’est par une cause semblable que quand on est à l’entrée d’une longue galerie, le plafond paroît aller un peu en s’abaissant, et le parquet en s’élevant.

769. S’il n’existe qu’un seul plan, qui soit situé, à l’égard de l’œil, de la même manière que l’un ou l’autre de ceux qui convergeoient dans le cas précédent, comme quand on est à l’une des extrémités d’une longue pièce d’eau, ce plan paroîtra encore se relever de plus en plus à mesure que ses parties seront plus éloignées du spectateur ; car alors on compare ce plan à la ligne de niveau qui passeroit par l’œil, et qui fait l’office d’un second plan, dont le premier semble se rapprocher par la diminution des angles visuels qui partent des points correspondans pris sur l’un et l’autre plan.

770. Si le spectateur est au pied d’une haute tour dont il regarde le sommet, elle paroîtra pencher de son côté : car il compare la position de cette tour à une verticale qui passeroit par l’œil ; et ainsi cette ligne verticale et la hauteur de la tour sont deux parallèles qui doivent tendre en apparence à concourir vers le haut. Dans ces sortes de cas, la ligne verticale et la ligne horizontale sont des espèces de limites idéales auxquelles l’œil rapporte les angles visuels dont un des côtés est toujours l’une ou l’autre de ces lignes, à peu près comme lorsqu’on veut estimer à l’œil l’inclinaison d’une ligne située dans l’espace, on la compare avec une horizontale ou une verticale imaginaire, qui passe par une des extrémités de la ligne donnée.

771. Lorsque nous nous trouvons à une certaine distance