Page:Répertoire universel des femmes celebres T1 1836.pdf/286

Cette page n’a pas encore été corrigée


ouvrages qui eurent du succès lorsqu’ils parurent, mais qui sont oubliés maintenant. Son mari, le comte d’Aunoy, accusé du crime de lèse-majesté par trois Normands, faillit avoir la tête tranchée. Un des accusateurs le déchargea, par un remords de conscience.

AUSTREGILDE, dite Bobile, femme de Gontran, roi d’Orléans et de Bourgogne. Elle fut d’abord demoiselle de la reine Marcatrude : Gontran en étant devenu amoureux, répudia la reine son épouse, et donna sa place à Austregilde, en 556. La tendresse de Gontran pour cette princesse fut fatale à plusieurs personnes ; il poignarda de sa propre main deux fils de Mana chaire, père de Marcatrude, qui avaient tenu quelques discours injurieux contre Austregilde et ses enfans.

En 580, Austregilde, n’étant âgée que de trente-deux ans, tomba dangereusement malade, et l’on désespéra de pouvoir jamais la guérir. Se sentant près de sa fin, elle ne put l’envisager sans la plus grande douleur. Les richesses, les plaisirs, les honneurs se peignirent avec tous leurs charmes à son imagination ébranlée ; et la perte de tant de biens excitant en elle une sorte de dés espoir, elle appela le roi son époux, et lui fit cette prière, rapportée par Grégoire de Tours : « Je pouvais compter sur une vie plus longue, si elle ne m’était pas ravie par les médecins qui ont conjuré de me l’ôter. Oui, seigneur, ce sont eux, ce sont leurs abominables breuvages qui m’ont donné la mort. Je vous prie donc, pour ne pas laisser cette mort impunie, de les faire tous égorger dès que j’aurai cessé de voir le jour, puisqu’il faut que je meure : jurez-moi que vous ne les laisserez pas jouir de la gloire de m’avoir fait périr ; que les regrets de ceux qui nous sont attachés soient accompagnés des larmes de ceux qui les aiment. »