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LE RÉPERTOIRE NATIONAL.


 
Au cap lointain vacille une lumière…
Mais le vaisseau brisé sombre à l’arrière,
        Tous s’élancent dans les mâts.
Adieu patrie ! adieu, plus d’espérance.
Adieu ma femme et ma chère Clémence,
        Vous ne me reverrez pas.

Tout disparut sous la vague profonde ;
Et le marin qui luttait contre l’onde
        Répétait encor tout bas :
Adieu patrie ! adieu, plus d’espérance.
Adieu ma femme et ma chère Clémence,

        Vous ne me reverrez pas.
f. x. garneau.

1834.

BONHEUR.

De mon pays citoyens glorieux,
Rappelez-vous votre auguste origine ;
Soyez unis et vous serez heureux :
Le trouble peut causer votre ruine.
        Et toi, sur nous, flambeau sacré,
        Don du ciel, liberté chérie,
        Fais briller ton sceptre adoré ;
        Règne, règne sur ma patrie.

Que d’Apollon la céleste clarté,
À tes faveurs joigne aussi ta lumière :
Faut-il toujours, plein de timidité,
Suivre et garder la route du vulgaire !
        Ô vous, sciences et beaux arts,
        Enfants de l’âme et du génie,
        Volez vers nous de toutes parts ;
        Régnez, régnez sur ma patrie.

Mais c’est bien peu d’être libre et savant,
S’il faut couler des jours pleins de tristesse ;
Pour être heureux il faut être content,
Aux biens réels joindre encore l’allégresse.
        Amour, jeux, plaisirs et beautés,
        Ornez les moments de la vie,
        Versez sur nous vos voluptés,
        Régnez, régnez sur ma patrie.