Page:Réflexions sur le Code noir, et dénonciation d'un crime affreux commis à Saint-Domingue.djvu/8

Cette page n’a pas encore été corrigée
( 4 )

de loi. L’affreux événement, qu’il est si douloureux pour nous d’être obligés de vous retracer, vous en offre la preuve.

Il s’est trouvé un homme assez inhumain, assez atroce, non pas pour excéder simplement de coups , non pas pour mutiler simplement ses esclaves , mais pour les rôtir à petit feu , mais pour porter lui-même et faire porter des fers rouges et des brandons sur les membres palpitans de ces malheureux ! mais pour les déchirer avec ses dents !... Vous frémissez ! vous repoussez la lumière ! il vous semble qu’elle n’a pas éclairé un pareil forfait ! Peut-être est-ce un récit faux , altéré ; peut-être nos renseignemens sont-ils incertains. — Plût à Dieu qu’ils le fussent, nous n’aurions pas un monstre à vous dénoncer ! — Mais voici la sentence ; elle constate elle-même tous ces crimes ; elle déclare le nommé Mainguy dûment atteint et convaincu d’avoir frappé ses esclaves à coups de bâton, de les avoir blessés avec des ciseaux et avec une arme vulgairement appellée manchette ; de les avoir déchirés avec ses dents , et de leur avoir fait appliquer sur différentes parties de leur corps, soit des fers rouges , soit des charbons ardens. Un de ces esclaves n’a pu résister à ces tourmens , la mort l’a délivré de son maître ; cinq