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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/259

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Pourquoi ne sais-tu pas ce que c’est que dire : je l’aime. Tu ne voudrais pas me torturer plus que les damnés.



Mob, à Ahasvérus.

Cette petite a de la physionomie, savez-vous ? Et je vous félicite du choix que vous avez fait.

Beaucoup de religion et de poésie. Il me tarde extrêmement de vous voir en ménage.



Ahasvérus.

Pitié pour elle ; la voilà qui s’évanouit.



Mob.

Comme cela lui sied à ravir ! Ses cheveux blonds qui se dénouent sur ses lèvres pâlies ! Avouez-le, elle est presque aussi belle que morte, et je comprends on ne peut mieux votre inclination.



Ahasvérus.

Maudite ! La laisseras-tu mourir ?



Mob.

J’en serais assez tentée. Pourtant ne craignez rien ; je vous réponds d’elle sur mon honneur.



Ahasvérus.

Tu le jures ?



Mob.

Oui. Tenez, prenez en gage cette pincée de poussière.



Ahasvérus.

Donc, qu’entends-tu faire ?



Mob.

Le voici. Je ne doute pas que votre amour n’ait été aussi pur que le jour. Cependant mes scrupules exigent que Rachel et vous, vous receviez au plus tôt la bénédiction nuptiale ; autrement, je ne dormirais pas tranquille.



Ahasvérus.