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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/206

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Les grues, quand elles s’en vont, me servent de messagers.



Rachel.

Quand vous êtes parti, n’aviez-vous pas de petits frères ?



Ahasvérus.

Ils sont, à présent, devenus grands.



Rachel.

Et personne ne garde votre maison ?



Ahasvérus.

Les cigognes quand elles sont lasses, et l’hirondelle si elle se pose sur le toit.



Rachel.

Votre sœur pleurait à la fenêtre quand vous l’avez quittée, j’en suis sûre.



Ahasvérus.

La terre pleurait, le ciel gémissait, mais ce n’était pas pour moi.



Rachel.

Et qui vous a accompagné ?



Ahasvérus.

Mon chien, en aboyant contre les sphinx de granit, contre les dragons de pierre qui venaient s’accroupir des deux côtés du chemin pour me regarder passer.



Rachel.

Quand vous retournerez chez vous, tout sera changé. Vous ne reconnaîtrez rien.



Ahasvérus.

Au contraire, rien ne change dans mon pays. Tout y attend mon retour pour savoir la nouvelle que j’apporterai. Chaque matin, sans changer de feuillage, les vieux palmiers se dressent sur leurs troncs, et