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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/117

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ie.

Son auréole est de nuage, et l’agrafe de son manteau est une étoile.



Le Christ.

Et sa maison est-elle plus grande que la vôtre ?



La Vierge Marie.

Sa maison, vous la voyez. Son toit est d’azur du ciel ; le soleil est sa lampe d’ouvrier ; et le matin qui poudroie est la poussière qu’il secoue sur sa porte.



Le Christ.

Puisqu’il est si riche, il nous enverra de beaux messagers.



La Vierge Marie.

Ses messagers, les voici.



Un Lion Couronné.

Depuis mille ans, je porte ma couronne sur ma tête. La bise, dans le désert, ni les licornes de l’Iran ne l’ont pas renversée ; je l’ai gardée jusqu’à présent, toute luisante, pour la poser dans votre crèche.



Le Christ.

Je voudrais toucher aussi votre crinière sur votre dos.



Le Lion.

Mon dos est sali par le sable ; ma crinière est trop haute. Si vous la voulez toucher, je me coucherai sur votre lit de paille.



Un Griffon.

L’ongle de mon pied ni ma croupe de cavale ne couraient pas assez vite. J’ai pris mes ailes de soi