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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/109

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à la croix des chemins, des dattes et des figues pour notre repas, et les aigles vont remplir nos coupes de rubis dans les sources qu’ils connaissent. Impatients, les fleuves où nous mirons nos diadèmes se mettent à notre suite ; dans leurs nids, les petits des cigognes se dressent, en battant de l’aile, quand ils savent où nous allons ; et la brise de la mer, qui ne peut pas quitter sa rive, nous dit partout où nous la rencontrons : emportez-moi avec vous, grands rois, dans le pan de votre habit.



L’étoile.

Ni ici, ni là. N’arrêtez pas vos mules par la bride. Un nuage traîne mon essieu et le vent pousse mes roues. à ma main je porte les présents du firmament : une auréole de lumière qui ne s’éteint ni jour ni nuit, un manteau d’azur que j’ai cousu avec mon aiguille d’or et une cassolette toute remplie de la senteur du ciel. Partout où j’ai passé, j’ai trouvé ma boisson de rosée préparée. Les étoiles prenaient à la voûte leurs aubes de fête, et le néant se relevait en sursaut, à moitié sur son séant, pour essayer de me suivre où je vous mène.



Les Rois Mages.

Du côté de la plaine nous voyons poindre sept pyramides qui touchent au ciel. La plus petite se baisse et ramasse, pour se voiler, l’ombre de la plus grande comme un enfant le bord du manteau de sa mère. Autour d’elle, obélisques, colonnes et colonnades, temples et frontons gisent à terre, comme le butin de la caravane d’un Dieu qu’il a déchargé de ses chameaux pour une nuit sous un bois de sycomores. à leurs pieds, le désert s’est couché pour lécher leurs escaliers. N’est-ce pas là que demeure le fils de roi à qui nous portons nos beaux présents ?



L’étoile.