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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/105

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rceau sous mon portique, pour que mes sphinx le bercent, sans se lever, jour et nuit.



Persépolis.

Je le ferai allaiter par une licorne dans mon désert.



Babylone.

Et moi, je le porterai dans mes bras sur ma terrasse pour qu’il m’apprenne à compter les étoiles de la nuit.



Les Villes.

Jérusalem, notre sœur, montez vos escaliers pour le voir de plus près. Dites-lui que, dès demain, nous voulons lui envoyer, avant le jour, trois rois mages pour messagers. Nous choisirons les plus sages et les plus vieux, le roi de Saba, le roi de Perse et le roi de Babylone : chacun lui portera sous son manteau des présents, de riches présents, vraiment, de la montagne et de la plaine, des amulettes et des pierres enchantées autant qu’il lui plaira. Dites-lui, de notre part, s’il est tout petit enfant, que nos tours sont bien hautes, mais que nous le porterons à notre cime ; que nos portes sont bien lourdes, mais qu’il les fera crier seulement en les touchant ; que nos chariots sont rapides, mais qu’il tiendra tout seul, pour s’amuser, les brides de nos cavales indomptées ; que nos couronnes de rois sont pesantes sur la tête des hommes, mais que nous l’en coifferons dans son berceau, pour jouer ; que nos voix sont de grandes voix d’empires qui retentissent, mais que nous lui chanterons bas de doux cantiques de jeunes filles, pour dormir. Dites-lui que nous sommes bien vieilles dans nos vieilles murailles ; mais que, s’il le veut, il nous prendra dans le creux de sa main avec tous nos forts et bastions, comme un petit oiseau des bois dans son nid de fougère.

Saluez aussi par son nom, de notre part, la vierge tout habillée de lin qu’il aime, et les deux anges qui portent une palme de palmier.



Les Rois Mages.



Le Roi De Saba.