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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/300

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Oh ! Les hardis bouviers ! Oh ! Les bons moissonneurs !
Pour de rudes troupeaux, oh ! Les rudes pasteurs !
Écoutez ! écoutez ! Comment dans la prairie
Sonne leur cornemuse. " À moi, bouc de Cambrie !
" À moi, chevreau d’écosse ! Ou, bientôt les aiglons
" Vivant t’emporteront au sommet des vallons !
" À moi, brebis des clans ! à moi, bélier d’Irlande !
" Aiguise là ta corne et cherche ta guirlande !
" Fais sonner à ton cou ta clochette d’acier !
" Sinon, tu te perdras au détour du sentier !
" À moi, bœufs des Douglas, d’érin et d’Angleterre,
" Qui, sous un même joug, rongez même bruyère !
" Mieux qu’au pays des lacs, en votre auge d’airain,
" Dans le bois d’Hougoumont, vous mugirez demain. "
Et comme dans la Flandre, au moment de l’orage,
Un berger, en sifflant, appelle au pâturage
La génisse et le bœuf ; ainsi vers leur sillon
Maints peuples, rassemblés sous un même aiguillon,
Suivaient la cornemuse ; et l’herbe des clairières
Sous leurs pas, desséchée, entassait leurs litières.
Au loin, fumaient le chaume et le toit des hameaux.
On entendait dans l’air le vol lourd des corbeaux.
Au loin, les chiens hurlaient sur leur seuil lamentable ;
Et la belle-alliance ouvrait sa grande étable.
D’avance la vallée avait, dans les lieux bas,
Creusé son lit d’ivraie au torrent des combats.



XLIV. L’ORAGE