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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/298

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Et cent portes de bronze ont crié sur leurs gonds ;
Et cent peuples tombés ont relevé leurs fronts.
Et cent aigles d’airain ont volé comme une âme,
De clochers en clochers, aux tours de notre-dame !
C’est lui, c’est lui, c’est lui, grand dieu ! Le voyez-vous !
Qu’il revienne en sa gloire, et règne encor sur nous !
Le voilà ! Le voilà ! -sur ce cheval de guerre !
—Oui, celui qui balaye après lui la poussière ;
Oui celui qui pâlit et sourit à la fois,
Sur ce chemin rapide où passent tous les rois.
Rendons-lui sa couronne ; et si l’autel est vide,
Sacrons-le de nos mains. Il sera notre guide
En notre amer sentier. Faisons-le tout-puissant !
Qu’il nous donne son nom, et prenne notre sang !
Nous filerons pour lui le lin de sa victoire,
Et lui, nous nourrira du festin de sa gloire.
—Oui, sire, reprenez votre empire insulté.
C’est nous qui vous sacrons pour une éternité.
Vous portez notre nom. Régnez à notre place !
Notre sceptre est brisé, quand votre empire passe.
—Et vous, peuple et soldats, revêtez-vous d’airain ;
Soyez prêts à combattre avec moi dès demain.



XLIII. WATERLOO, LES BERGERS

 
Au champ de Waterloo les épis blonds mûrissent.
Les bluets, dans la nielle, avant l’aube fleurissent.