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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/277

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Frères, il est à nous, ainsi que notre armure,
Avec ses cygnes d’or, et son rude murmure.
Debout ! C’est aujourd’hui, sous le chêne allemand,
La chasse de Lutzof au féroce aboiement !
Le sanglier de France a, dans la Forêt Noire,
Sur le roc aiguisé ses défenses d’ivoire.
Le cor a retenti. Debout ! Hardis chasseurs.
Holà ! La meute est prête ; entendez ses clameurs.
Non, frères, aujourd’hui, c’est la danse du glaive.
Sous l’orme de Leipsick, où le soleil se lève,
Non, ce n’est pas le cor ; c’est le hardi clairon
Que l’écho vous renvoie au penchant du vallon.
Sous vos pas cadencés, allons, frappez la terre !
Hourra ! Le sabre a soif ! écoutez sa colère.
Délices des combats ! Quand l’épouse et l’époux,
Quand le sabre et l’épée, amoureux et jaloux,
Ensemble sont unis au festin des batailles !
Jamais rien ne rompra leurs chastes fiançailles.
L’épouse est toute nue, et son front pâlissant ;
L’époux à son côté boit sa coupe de sang.
Assez ! Le chant finit. Dieu sebaoth ! C’est l’heure !
Notre père des cieux ouvre-nous ta demeure.
Mainte bouche aujourd’hui, que ta gloire remplit,
Se taira pour toujours ; mainte femme en son lit
Tremblante va pleurer, comme pleurent les reines.
Maint guerrier va mourir dans le pays des chênes.
—Oui, le chant est fini. Sous les chênes sanglants,
Oui, tous ont combattu leur combat de géants.