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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/271

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Car lui, sitôt qu’il eut, au seuil de ses états,
De ses pieds tout meurtris rejeté les frimas,
La garde qui veillait au bord de son royaume,
Voyant cet homme pâle, errant comme un fantôme,
Lui dit : que cherchez-vous ? Et quel est votre nom ?
Et l’empereur a dit : je suis Napoléon.



XXXV. LE ROI DE ROME

 
Un aigle s’est penché sur son nid, en secret.
Un aiglon y dormait, caché dans son duvet.
Un héros s’est penché sur le berceau d’un homme.
Un enfant y pleurait ; un roi ! Le roi de Rome !
Il rêvait d’un berceau plus beau cent fois encor,
D’un palais de rubis avec cent portes d’or,
De mille et mille rois, tous courbés jusqu’à terre,
Et d’un trône plus haut que celui de son père.
L’aiglon a dit à l’aigle, au sommet des coteaux :
" Donnez-moi ma pâture et le sang des agneaux.
Donnez-moi, dans mon nid, les petits des vipères,
Et la chair des brebis qui paissent les bruyères. "
L’enfant dit au héros : " Mon père, donnez-moi
Des sceptres d’empereur, et des manteaux de roi ;
Quand je serai plus grand, sous un dais qui rayonne,
Aurai-je comme vous une lourde couronne ?