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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/265

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Rien n’est resté debout, hormis un empereur
Qui cherchait sous la cendre un reste de lueur ;
Muet il contemplait la divine merveille ;
Et le souffle de Dieu disait à son oreille :
" Ainsi s’écrouleront tes projets renversés ?
" Ainsi ton vaste empire et tes vœux insensés !
" Ainsi s’écroulera la tour de ta victoire !
" Ainsi ton héritage, et ton nom, et ta gloire !
" Ainsi le vent du ciel, éteignant ton flambeau,
" Dissipera ton œuvre et ta cendre au tombeau ! "



XXXIII. LA BÉRÉSINA

 
Et vers la mer d’Azof où la vague hennit,
Un faucon se réveille et glapit dans son nid.
Puis après le faucon, un hetman en son gîte,
S’éveille au jour et prend sa lance moscovite.
Il prend aussi son sabre et son poignard luisant
Et sa ceinture d’or ciselée à Casan.
—Ma sœur, allez chercher par sa bride d’écume,
Près de la mer d’Azof, où le don gronde et fume,
Mon cheval aux flancs bruns, aux quatre pieds d’acier.
—Frère Ivan, dans la cour, ébranlant l’escalier,
Votre cheval hennit ; sa housse pend à terre.
Son frein n’est pas d’écume ; il ronge sa crinière.
Où voulez-vous aller ? à Casan ? à Tiflis ?
Sur les chemins pavés où passent les delhis ?