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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/240

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Non pas ce gazon vil que foulent les troupeaux ;
La brise en s’éveillant disperserait tes os.
Mais de canons de bronze une haute colonne.
Ton front m’y sourira sous sa lourde couronne.
Et le mort a souri : le héros a pleuré.
Sous sa tente, à pas lents, muet il est rentré.
Sa lampe s’éteignait sous la tremblante voûte.
Le jour a lui, le vent se tait, la terre écoute.



XXVI. LA LETTRE

 
Grand maréchal, voici le jour !
Avec la plume d’un vautour,
Avant que l’aube ne blanchisse,
Écrivez en lettres de sang :
Du bourg de Wagram, en son camp,
L’empereur à l’impératrice.
" Dieu, madame, a veillé sur nous.
Qu’il vous ait en sa sainte garde !
Par tous nos peuples à genoux,
Quand le ciel jaloux nous regarde,
Faites chanter en notre nom
Un te deum à notre-dame.
Au loin, sous mes pas de lion,
L’herbe se dessèche et s’enflamme.
Les états, ainsi qu’un limon,
Dans le torrent de ma victoire