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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/230

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Un combat d’empereurs, le soir, quand l’heure sonne,
Où chaque coup d’épée atteint une couronne ;
Quand sous sa lourde armure un empire blessé
Se couche dans sa poudre, ainsi qu’un trépassé ;
Et que le monde errant qui le voit disparaître
Demande à sa poussière : " Où donc es-tu, mon maître ? "
Pourquoi ne suis-je pas le vautour des vallons ?
J’emporterais ce soir mes petits loin des monts ;
Je sais un puits de sang dans un champ plein d’ivraie,
Où je ferais leur nid des ronces de la haie.

Quand le puits est rempli, sous son toit dévasté,
En un jour ils boiraient pour une éternité.
Chacals et loups cerviers de Marathon, d’Arbelles,
Qui de la vieille Asie épuisez les mamelles,
Éperviers de Pharsale, aux ongles faits d’airain,
Qui rongez sans repos le cadavre romain ;
Noirs corbeaux de Lépante éclos dans la tempête,
Qui cherchez sous les flots l’empire du prophète,
Votre proie est usée ; et de ces grands états
Il ne reste plus rien pour vous faire un repas.
Quittez votre travail, et laissez hors d’haleine
Ces squelettes d’empire oubliés dans la plaine.
Arrivez ! Arrivez ! Pour un meilleur festin
Aiguisez aujourd’hui vos ongles en chemin.
C’est le soir. écoutez ! Une marche guerrière
A retenti là-bas au fond de la bruyère.
Ah ! Que d’ardents clairons, de sabres sans fourreaux !
De canons embourbés ! Que d’hommes, de chevaux