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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/228

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Et la foule et le bruit, et tout ce qui sur terre
Fait plier les genoux et baiser la poussière,
Entrent en même temps dans la nef et le chœur ;
Car voici sous ton porche un pape, un empereur !

Un pape sous son dais qui tient une couronne,
Et dit en s’inclinant : " C’est moi qui te la donne,
Quand tu penses la prendre, ô César. Gloire à toi !
Je sacre ton épée et ton manteau de roi,
Afin qu’en te voyant passer dans les batailles
On dise : " Le voici, l’ange des funérailles ! "
Désormais garde bien ce bandeau sur tes yeux,
Ainsi que je l’attache, et n’en romps pas les nœuds.
Qu’il soit dans tes projets, qu’il soit dans ton génie,
Qu’il soit dans ton sommeil et dans ton insomnie !
Qu’il soit dans ta ruine ou ta prospérité,
Et que rien ne le rompe avant l’éternité !
Je te sacre empereur de ce grain de poussière
Qui s’appelle le monde, et qu’un vent de colère
A poussé sous tes pieds. Sois-en maître et seigneur !
Sur son faîte bâtis ton rêve de grandeur.
Eux-mêmes devant toi les rois se découronnent.
Entends ! La foule chante et les orgues résonnent.

L’orgue.
" Empereur, sous ton dais et sous ton allégresse
" Ne sens-tu pas ton cœur qui frémit par hasard ?
" Au festin de ta gloire assieds-toi sans ivresse
" Comme au festin de Balthasar.