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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/214

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Font germer l’aloës en leur urne fragile,
Comme un souffle du soir répondent à sa voix.

L’Asie a salué la bannière d’Arcole ;
Un homme a fait un signe. Au bruit de sa parole,
L’ibis de pharaon abandonne son nid.
Le temple s’est caché sous sa voûte croulante.
Pour faire entrer plus vite en ses murs l’épouvante,
Thèbe brise au désert ses portes de granit.
Comme des lionceaux, le front penché vers terre,
Haletants, les canons ont léché la poussière
Des belles oasis. Au bord des puits lointains,
Le sabre de Kléber, baigné dans le mirage,
A du palmier d’Oreb cherché le noir ombrage ;
Et la terre attendait, aride, ses destins.
C’était l’heure du jour où le dattier sommeille,
Où le désert s’endort en sa vide merveille,
Où la fourmi s’abrite à la place des dieux
Dans le temple gisant ; où la nuit étincelle ;
Où l’autour a plié son long cou sous son aile ;
Et la terre aspirait le calice des cieux.
Or celui dont l’épée, ainsi qu’une autre aurore,
Quand elle brille au Nil resplendit au Bosphore,
Du sommeil des vivants ne dormait déjà plus.
Son œil, ardent charbon que le simoün attise,
Luisait dans son foyer ; et son front sous la brise
Comme toi pâlissait, neige du mont Taurus.
Comme toi, noir nuage au flanc de la Syrie,
Ses noirs cheveux pendaient sur sa joue amaigrie.