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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/213

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L’Orient ! L’Orient ! Le monde des tempêtes,
La terre aux vastes cieux, la terre des prophètes,
Sous les pas d’un seul homme, ainsi qu’un souvenir,
Au loin a tressailli. Sinaï se réveille ;
Et l’insecte au désert passe et prête l’oreille
Pour entendre germer les peuples à venir.
Le clairon d’Occident, de la terre promise,
A chassé l’antilope aux sources de Moïse.
Le Jourdain s’en émeut ; et le coursier de Job,
Sous le cèdre d’Aram secouant sa poussière,
Quand il a reconnu la fanfare guerrière,
A dit encore : " Allons au-devant de Jacob ! "
De Tyr sous ses naseaux la gloire s’est tarie.
Le glaive de Lodi, qui frappe la Syrie,
Des prophètes hébreux a brisé les tombeaux.
Les jours qu’ils ont prédits, ainsi qu’une fumée,
S’exhalent triomphants de leur cendre embaumée.
L’aiglon de Rivoli disperse au loin leurs os.
Après son long travail, comme un bœuf à l’étable,
Les sphinx, sans leur berger, endormis dans le sable,
Ont relevé la tête au désert d’Aboukir.
Puis, voyant le retour des soldats de Cambyse,
Et des jours oubliés l’énigme qui se brise,
Sur la plage ils cherchaient le nom de l’avenir.
Puis, au loin, entendez ! La sentinelle appelle !
Et plus loin les cités qu’habite la gazelle,
Les puissants dieux de bronze, ou de pierre, ou de bois,
Et tous les peuples morts qui, dormant dans l’argile,