Ouvrir le menu principal

Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/212

Cette page n’a pas encore été corrigée


Se souviendra des flots qui roulent vers Lépante.
Malgré beys et pachas, l’épervier de Souli
Et de Missolonghi verra croître son aile ;
Et du vieux navarin le lionceau rebelle
Sous ses dents brisera les os de l’osmanli.
Car des beaux mamelouks la puissance est passée,
Et du vieil Orient la lance est émoussée.
Sa cassolette exhale une vapeur de sang.
Sur ses chameaux pelés il a roulé sa tente ;
Et, comme un pèlerin, avant l’aube naissante,
Il remporte au désert son toit en gémissant.
Car le sultan Kébir est un puissant prophète :
C’est le glaive de Dieu pendu sur notre tête.
Mais des beaux mamelouks, mais des fils d’Osman-Bey,
Ah ! Les blancs ossements, ah ! Les tentes parées,
Ah ! Les luisants poignards, ah ! Les housses dorées,
Un jour a tout détruit du côté d’Embabeh.


XVII. LE DÉSERT

 
Du côté d’Embabeh la terre a fait silence !
Le chacal a hurlé ; le dattier se balance
Sur sa tige ridée. Au bord de l’Orient
Les tombeaux ont parlé. Dans ses citernes vides,
Le désert avait soif au pied des pyramides ;
Et le désert a bu son outre de géant.