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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/207

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Je vois son ataghan caché dans sa ceinture,
Comme un serpent du Nil, qui dans la nuit obscure
Prépare son poison ; puis je vois le giaour,
Et le franc qui talonne une mule indocile,
Puis d’Aram et de Misr le hardi crocodile,
Et les chiens de chrétiens hurlant tous alentour.
Lequel l’emportera du flot ou du rivage ?
De la mule des francs, de l’étalon sauvage ?
Ou du giaour impur, ou du bon musulman ?
Ou du lion chasseur, ou de l’agneau qui bêle ?
Du hardi crocodile, ou du chien infidèle ?
De l’homme, ou du prophète, ou d’Allah seulement ?
Ah ! Du sultan Kébir le souffle brûle et tue ;
Mais le souffle d’Allah, quand il chasse la nue,
Est cent fois plus puissant. Ah ! Du sultan Kébir
Comme un tison ailé, la colère flamboie ;
Mais le courroux d’Allah, quand il cherche sa proie,
Jette aussi des éclairs sur les palmiers de Tyr.
Ah ! Le sultan Kébir est le roi de l’épée.
Quand elle est au désert à sa tâche occupée,
Au champ du mûrier rouge il la conduit des yeux.
Mais Allah sait aussi vers la source tarie
Conduire en leurs chemins les lions de Syrie,
Et pousser le simoün en ses arides cieux.
Pour le combat des forts voici l’heure marquée !
Priez, bons musulmans, dans la grande mosquée,
Pour l’aigle du Liban et pour les fils d’Ali.
Priez dans l’oasis, pour la tente odorante,