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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/200

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Comme un pâtre il nous pousse au fond de votre étable.
Ouvrez ! Son doigt écrit son nom sur votre sable. "
Après eux les lions ont passé ce matin.
Les lionnes disaient, attendant leur butin :
" Le lionceau d’Arcole a déjà sa crinière ;
" Des os des nations il se fait sa litière ;
" Il vient, il fait trois bonds, et franchit l’univers ;
" En feriez-vous autant, beaux lions des déserts ?
C’est pour lui jusqu’aux cieux qu’ici mon toit s’élève.
J’ai roulé dans mon ombre un chevet à son rêve.
Comme une lampe d’or pour éclairer son nom,
La lune à mon pilier pendra par mon chaînon ;
Et comme un mamelouk avec son cimeterre,
Mon désert veillera, couché dans sa poussière.
Comme une caravane aux tentes de granit,
J’attends mon chamelier sous ma pesante nuit ;
Quand mes cieux tariront, si je demande à boire,
Il répandra sur moi le flot de sa victoire.
Si je suis égarée en mon vide chemin,
Il m’apprendra la voie où va le genre humain.
À ma rive il dira le nom d’une autre rive,
Si l’ombre de mon faîte au bout du monde arrive ;
Si les tours des chrétiens, sous leur long voile noir,
Songent aux minarets, quand vient l’heure du soir,
Et si les clochers d’or, sous leurs brumes humides,
Rêvent pendant leur nuit des nuits des pyramides.
Ah ! Qu’il tarde à venir ! Cigognes du Carmel,
Sur mon faîte montez. Voyez-vous sous le ciel