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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/195

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XI. LA RÉPONSE

 
Pars, messager, tout dort encor ;
Pars dans la nuit au son du cor !
Au son du cor, pars : voici l’heure
Où sur ma tente qu’elle effleure
L’étoile luit ; où mes soldats
Dorment sur l’herbe qui ruisselle ;
Où la vedette au parler bas
À dit : " Garde à vous, sentinelle ! "
Pars, messager, avant le jour.
L’étoile dort ; le vent sommeille ;
Le tambour bat, le camp s’éveille.
Pourquoi n’es-tu pas le vautour ?
Là-bas où l’horizon s’incline,
Tu porterais en bondissant
Ma lettre écrite avec du sang.
" Napoléon à Joséphine.
Sous vos rideaux ne pleurez pas :
Mon cœur ne bat dans ma poitrine
Qu’auprès de vous. Dans les combats,
Il est d’airain ; sous la mitraille,
Quand j’ai fait mon plan de bataille,
Le soir, sur l’affût d’un canon,
Je pense à vous. De votre nom
Je me souviens quand la pelouse
Du sang des morts baigne ses fleurs.