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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/170

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Levez-vous ! Les hommes sommeillent,
Et les vastes cieux se réveillent.
Ainsi que la vieille d’Endor,
Je change le plomb vil en or.
Silence ! Le vieux bois s’enflamme ;
Le brasier s’allume en mon âme.
Ah ! Comme un lourd fardeau d’airain
Dans ma main je sens cette main.
Là, que de lignes entassées !
Que de lettres entrelacées !
Que d’aigrettes, que de cimiers
Au front de pesants cavaliers !
—Mère, ce n’est pas un mensonge ;
Chaque nuit je les vois en songe.
—Silence ! écoutez ces clairons.
Où galopent ces escadrons ?
Je suis sous un pin d’Italie.
La palme lombarde est cueillie.
Est-ce l’Adige ou l’éridan
Qui sous ce pont passe en grondant ?
Quel est celui qui dans l’orage
Porte ce drapeau de carnage ?
Ici les lions d’Orient
Cherchent leur proie en s’éveillant.
Loin des lions, loin de la foule,
Le Nil au désert se déroule.
Quel est ce palmier au tronc d’or
Qui se lève sur le Thabor ?
En frissonnant, son lourd feuillage
Sur le monde étend son ombrage.