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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/165

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Écoute-moi, ciel d’Orient !
T’en souviens-tu, de cette étoile
Qui jour et nuit luisait sans voile
Comme une épée au firmament ?
Écoute-moi, désert d’Asie !
T’en souviens-tu de ce lion,
Effroi des lions de Syrie,
Qui s’appelait Napoléon ?
T’en souviens-tu, de cette grève
Qui sur toi brillait comme un glaive ?
Ah ! Mer de Corse, dis-le moi :
Comme un cheval fouille la terre,
Pourquoi de ta vague en colère,
En chassant ton bord devant toi,
Fouillais-tu les monts à leur cime,
Et le secret de ton abîme ?
Pourquoi creusais-tu sans repos,
Dès la première heure du monde,
Ton lit et ta rade profonde
Où jamais n’ont dormi tes flots ?
Pourquoi faisais-tu tes rivages
De mâts rompus et de granit,
Et des débris des grands naufrages,
Comme un oiseau bâtit son nid ?
Pourquoi courbais-tu donc ta plage
Comme une corbeille de joncs
Qui suit le fleuve et qui surnage,
Et qui s’arrête aux pieds des monts ?
Et pourquoi sur tes fauves crêtes
Amoncelais-tu les tempêtes ?