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Page:Quatremère de Quincy - Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art, 1815.djvu/73

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Gnide, se montraient jadis, comme descendues du ciel aux yeux des mortels enchantés, ces immortelles images de la beauté, dont quelques souvenirs charment encore aujourd’hui notre imagination.

Mais quelle puissance de ressorts pour exciter le génie d’un artiste, que la perspective certaine d’un tel emploi de son ouvrage ! et aussi quelle puissance de moyens pour émouvoir la sensibilité du spectateur, que ce concours d’impressions ! Quel charme d’inspiration d’une part pour concevoir la beauté ! de l’autre, quelle vertu d’illusion morale en renforçait le pouvoir et devait en accroître l’effet !


C’est en vain que, dans les froides spéculations d’une théorie scholastique, on s’imaginerait pouvoir retrouver les secrets de l’Art antique, et de cette beauté que nous envions au peuple qui nous en a transmis les modèles. On peut, par l’observation, retrouver les règles de tout ce qui tient à l’observation. Mais qui peut analyser cette sensibilité sans laquelle les impressions du beau ne sont ni produites, ni reçues ? Qui peut pénétrer dans les mystères des opérations et des